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Après le master : débouchés et doctorat
Le master de psychologie ouvre le titre, et le titre ouvre l'exercice. Reste à savoir où, car le mot de psychologue recouvre des réalités professionnelles qui n'ont parfois presque rien en commun. Le métier s'exerce dans des secteurs très divers, sous des statuts opposés et dans des conditions de travail qui vont du poste hospitalier stable au cabinet libéral entièrement à construire. Cette page dresse la carte des principaux débouchés, sans classement ni promesse chiffrée, parce que la réalité de l'emploi varie fortement selon la spécialité, la région et le secteur, et qu'une moyenne nationale ne dirait rien de vrai sur la situation qu'un diplômé rencontrera réellement là où il cherchera à travailler.
Le secteur public et hospitalier
L'hôpital est l'un des premiers employeurs de psychologues, en psychiatrie, en pédopsychiatrie, dans les services de soin somatique où le regard du psychologue accompagne la maladie du corps, et dans les structures médico-sociales publiques. Le psychologue y est recruté dans la fonction publique hospitalière et rémunéré selon une grille indiciaire propre, ce qui donne à ce secteur une lisibilité que d'autres n'offrent pas : on sait, en entrant, à quoi ressemblera la progression. La fonction publique territoriale emploie également des psychologues, dans la protection maternelle et infantile, l'aide sociale à l'enfance ou les centres communaux d'action sociale, autant de terrains où le psychologue travaille au plus près des situations sociales difficiles, souvent en lien avec d'autres professionnels du soin et de l'accompagnement.
L'éducation et l'orientation
Les psychologues de l'Éducation nationale, réunis dans le corps des PsyEN, interviennent soit auprès des écoles et de la petite enfance, soit dans l'orientation des collégiens et lycéens, deux missions distinctes que le concours sépare dès l'entrée. L'accès se fait précisément par concours, après le master, et cela change tout : ce n'est pas une candidature ordinaire mais une voie à part entière, avec ses épreuves, son calendrier propre et sa logique de recrutement, qu'il faut anticiper bien avant la fin des études si l'on veut s'y présenter dans de bonnes conditions.
Le médico-social et l'associatif
Une grande part de l'emploi se trouve dans le secteur médico-social, souvent porté par des associations, et c'est peut-être le champ le plus vaste et le moins connu de ceux qui entrent dans le métier. Instituts médico-éducatifs, centres pour personnes en situation de handicap, structures dédiées à l'autisme, protection de l'enfance, addictologie, accompagnement de la précarité : les terrains y sont nombreux et les besoins réels. Les postes le sont aussi, mais parfois à temps partiel, ce qui conduit certains psychologues à cumuler plusieurs employeurs pour reconstituer un temps plein et un revenu correct. Cette fragmentation est l'une des réalités que l'on découvre en entrant dans la vie active plutôt qu'en lisant les brochures, et il vaut mieux la connaître à l'avance qu'en pâtir sans l'avoir prévue.
Le libéral
L'exercice en cabinet, seul ou en groupe, attire beaucoup de diplômés, tantôt en complément d'un poste salarié au début du parcours, tantôt à titre principal une fois la patientèle installée. Il a ses attraits évidents, l'autonomie et le choix de sa pratique, mais il suppose un travail qui n'est pas celui du soin : construire une patientèle demande du temps et une forme de visibilité, gérer une activité indépendante mobilise des compétences administratives que la formation n'enseigne pas, et se former en continu reste la condition d'une pratique qui ne s'appauvrit pas. Les revenus y sont variables, dépendants du volume d'activité, de la spécialité et de l'implantation, et un cabinet en zone dense ne se remplit pas au même rythme qu'un cabinet installé là où la demande est moins vive.
L'entreprise, la justice, la recherche
D'autres champs emploient des psychologues, avec des profils plus spécialisés et des portes d'entrée qui leur sont propres. La psychologie du travail et des organisations mène vers les ressources humaines, le recrutement, la prévention des risques psychosociaux et le conseil, secteurs où le psychologue met sa formation au service de l'entreprise et de ceux qui y travaillent. Le champ de la justice mobilise des psychologues comme experts près les tribunaux ou dans le suivi pénitentiaire, exercice exigeant qui demande une familiarité avec l'institution judiciaire autant qu'avec la clinique. La recherche et l'enseignement supérieur, enfin, s'ouvrent après un doctorat, prolongement qui n'a de sens que pour ceux qu'anime le désir de produire du savoir plutôt que de l'appliquer.
Se spécialiser pour se positionner
Sur un marché où les profils se diversifient, la spécialité pèse, et elle pèse d'autant plus que les employeurs et les patients cherchent des compétences identifiables plutôt qu'un titre générique. C'est là que les diplômes d'université et les formations complémentaires prennent leur sens, non pour un titre qu'ils ne donnent pas, on ne le répétera jamais assez, mais pour la profondeur qu'ils apportent à une pratique et la lisibilité qu'ils donnent à un parcours. Un psychologue qui sait dire précisément ce qu'il travaille, auprès de quel public et avec quels outils, se positionne mieux qu'un diplômé resté généraliste par défaut. L'annuaire recense ces formations, par spécialité, pour aider à construire ce positionnement de façon lucide, en gardant toujours la frontière claire entre ce qui approfondit une pratique et ce qui, seul, ouvre le droit de l'exercer.
Le doctorat de psychologie
Le doctorat vient après le master, mais il ne prolonge pas le même chemin, et c'est un contresens répandu que de l'imaginer comme une marche supplémentaire d'un même escalier. Là où le master mène à la pratique et ouvre le titre, le doctorat mène à la recherche, vers un tout autre horizon professionnel. La distinction mérite d'être posée clairement, dès l'abord, parce qu'elle est souvent mal comprise et qu'elle décide de la place que ce diplôme occupe dans un parcours. Beaucoup croient qu'un psychologue accompli se doit d'avoir poussé jusqu'à la thèse. Rien n'est plus faux du point de vue du droit, comme la suite le montre.
Un diplôme de recherche
Le doctorat se prépare en trois ans, parfois davantage, au sein d'une école doctorale, sous la direction d'un directeur de thèse habilité à diriger des recherches et rattaché à un laboratoire. Ces conditions ne sont pas des formalités : elles dessinent un cadre de travail exigeant, où le doctorant apprend le métier de chercheur en le pratiquant, sous un regard qui l'oriente sans le porter. Le parcours se conclut par la rédaction d'une thèse et sa soutenance devant un jury, épreuve qui sanctionne une contribution originale au savoir et non la seule assimilation d'un programme. Sa finalité est la recherche et l'enseignement supérieur, non la clinique, et cette orientation gouverne tout le reste. On y entre avec un master, sur un projet de recherche construit, et le plus souvent après avoir trouvé un financement, qu'il s'agisse d'un contrat doctoral, d'un financement par un employeur ou d'un dispositif de recherche. Cette question du financement n'est pas secondaire, car elle conditionne la possibilité même de consacrer plusieurs années à un travail qui ne rapporte pas immédiatement.
Ce qu'il faut retenir : le doctorat ne conditionne pas le titre
Le titre de psychologue est déjà acquis avec le master mention psychologie et son stage. Le doctorat ne le conditionne pas, ne le renforce pas juridiquement et n'est nullement nécessaire pour exercer comme psychologue. On peut ouvrir un cabinet, être recruté à l'hôpital ou dans le médico-social, mener une carrière entière de clinicien sans avoir jamais rédigé de thèse, et l'on ne sera ni moins psychologue ni moins autorisé à porter le titre que le titulaire d'un doctorat. Ce dernier est un diplôme complémentaire, utile pour qui veut faire de la recherche, enseigner à l'université ou approfondir un champ théorique, mais il ne change rien au droit d'exercer. Le confondre avec une condition d'accès au métier, c'est se tromper de projet, et parfois s'engager pour de mauvaises raisons dans un travail qui n'a de sens que porté par le désir de chercher.
Où le préparer
De nombreuses universités françaises accueillent un doctorat de psychologie, adossé à une école doctorale et à un laboratoire, selon une géographie de la recherche qui ne recoupe pas toujours celle de l'offre de master. L'annuaire recense ces universités, une fiche par établissement, en rappelant à chaque fois que ce diplôme ne conditionne pas le titre, afin qu'aucune ambiguïté ne subsiste sur ce point. Pour aller plus loin, l'annuaire officiel des écoles doctorales du ministère de l'Enseignement supérieur permet de repérer, discipline par discipline, les laboratoires qui accueillent des doctorants en psychologie, et donc d'identifier les équipes dont les travaux correspondent au projet que l'on souhaite mener.